la véritable histoire d’Evangeline (chapitre V, VI, VII)

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Les Acadiens décident de quitter l’Acadie comme des exilés plutôt que de se soumettre à la domination anglaise.

Abbaye Edwin Austin (1852-1911)

Abbaye Edwin Austin (1852-1911)

Leur physionomie annonçait la gravité de la situation, elle était beaucoup plus grave, en effet, que ce que nous supposions. Un silence de mort régnait alors qu’ils nous approchaient, nous pouvions entendre distinctement les battements de nos cœurs. Nous étions impatients d’apprendre notre sort, bien que nous redoutions de le connaître. Notre attente inquiète fut de courte durée, et un de nos aînés parla de la façon suivante. Je répète ses paroles qui tombèrent de ses lèvres avec un ton solennel qui sonnait comme le glas. Elles se sont gravées dans mon cœur. «- Mes bons amis – nous dit-il – nos espoirs sont illusoires et l’avenir est lourd de menaces inquiétantes. Un ennemi cruel et implacable est à nos portes. L’histoire de l’homme blessé est vrai, les Anglais se répandent, brûlent nos villages, et propagent la ruine à mesure qu’ils avancent. Ils n’épargnent ni vieillesse ni infirmité, ni les femmes ni les enfants, et sont seulement cléments envers les renégats et des apostats. Êtes-vous prêt à accepter ces conditions humiliantes, et être stigmatisés comme des traîtres et des lâches ?

– Jamais – avons-nous répondu – jamais, plutôt le bannissement, la ruine et la mort!

– Mes amis – a-t-il ajouté – l’exil et la ruine, c’est le désespoir, la désolation. Prenons le temps de réfléchir, avant de former notre détermination.

Aucun de nous ne tressaillit, et sans hésitation, nous avons tous crié: «- Plutôt que de renier notre mère-patrie, devenons apostats, exilés, acceptons la ruine, la mort, si tel doit être notre sort.

– Votre réponse est noble et généreuse, mes bons amis, et votre détermination est sublime – dit-il – donc que l’exil soit notre sort. Plus d’un a souffert encore plus que ce que nous allons souffrir et pour des causes moins saintes que la nôtre. Préparons-nous au pire.  Pour aujourd’hui, disons adieu, peut-être à jamais, à l’Acadie, à nos maisons, allons nous recueillir sur les tombes de ceux que nous avons tant aimés. Quittons sans amis et sans le sou notre pays pour des terres lointaines. Partons pour la Louisiane, où nous serons libres d’honorer et de respecter la France, ainsi que de servir notre Dieu selon notre croyance. Mes bons amis, nous avons à peine le temps de nous préparer. Ce soir, nous devrons être loin de Saint-Gabriel. « 

Ces mots glaçèrent nos cœurs. Il nous sembla, que tout cela était un mauvais rêve, une illusion terrible, qui collait à nos cœurs, à nos âmes. Malgré cela, sans une larme, sans une plainte, nous nous sommes résignés à notre destin.

Ah! C’était un jour bien cruel pour nous, Petiots. Nous partions d’Acadie, nous laissions à l’abandon des maisons où nos enfants étaient nés et avaient grandi, nous partions comme des malfaiteurs, sans une lueur d’espoir pour alléger notre sombre avenir, et il nous semblait que la pauvre et désolée Acadie était plus chère pour nous, maintenant que nous étions obligés de la quitter pour toujours. Tout ce que nous voyons, chaque objet que nous examinions, rappelait à nos cœurs les doux souvenirs d’une époque révolue. Notre vie entière semblait s’être concentrée dans les meubles de nos maisons désolées, dans les fleurs qui embellissaient nos jardins et même dans les arbres qui ombrageaient nos chantiers. Ils nous chuchotaient les chansonnettes de notre enfance insouciante, ils nous rappelaient les rêves de notre adolescence, illuminés d’illusions éphémères, ils nous parlaient de l’espoir et du bonheur de nos années de maturité. Ils avaient été les témoins muets de nos joies et de nos peines, et nous les laissions pour toujours. Nous pleurions amèrement sur eux, et dans notre désespoir, nous avons cru que le sacrifice était au-delà de notre résistance. Mais notre sens du devoir nous soutint, et la terrible épreuve que nous vivions n’ébranla pas notre détermination, ni notre soumission à la volonté de Dieu. Nous avons préféré l’exil et la pauvreté, avec leur cortège de malheurs et d’humiliations, plutôt que de nous déshonorer en devenant traîtres et renégats.

Au cours de la journée notre douleur augmenta, et les scènes qui eurent lieu furent déchirantes. Je ne puis me les rappeler sans frémir.

Franck Dicksee: Evangeline

Franck Dicksee: Evangeline

Nous, gens si doux, si paisibles, étions devenu hystériques de désespoir. Les femmes et les enfants allaient de maison en maison, pleurant et poussant des cris déchirants. Chaque objet qui eut pu être un butin était détruit, et le feu était mis aux maisons. Les foyers, attisés par un vent que trop disposés à poursuivre l’œuvre incendiaire, se répandit rapidement, et dans un court délai, Saint-Gabriel fut enveloppé dans une nasse sinistre de flammes dévorantes. Nous pouvions entendre le craquement des planches torturé par le feu, la chute lugubre des toits, tandis que les flammes grimpées à une hauteur immense avec le sifflement d’un ouragan. Ah! Petiots, c’était l’image fidèle d’un tohu-bohu. Les gens semblaient être une armée de démons, répandant la ruine et la désolation sur leur chemin. Le travail des bœufs était détruit, et quelques-uns d’entre nous, avec l’espoir d’un retour rapide à l’Acadie, jetaient leur argenterie dans les puits. Oh!  la ruine! quelle ruine ! mes Petiots. C’était horrible.

Nous avons quitté Saint-Gabriel au nombre d’environ trois cents, tandis que les cendres de nos maisons en flammes, portaient par le vent, tournoyaient devant nous comme un pilier de lumière guidant nos pas hésitants dans le désert qui s’étendait devant nous « .

Une nuit de terreur et de misère. Les Exilés sont capturés par les soldats Anglais et conduits à la mer pour s’embarquer pour l’exil. Ils sont envoyés sur les rives du Maryland.

Alors que la nuit fut venue, nous jetâmes un regard triste vers l’endroit où notre paisible et heureuse Saint-Gabriel se trouvait autrefois. Hélas, nous ne pouvions rien voir sauf le ciel cramoisi reflétant la lueur blafarde des flammes qui dévoraient notre village.

Pas un mot ne tombait de nos lèvres tandis que lentement nous voyagions. La nuit était venue, son obscurité augmentait notre misère et  notre découragement, malgré cela, nous aurions affronté la mort sans frémir.

Enfin, nous nous arrêtâmes dans un profond ravin à l’ombre des rochers et nous nous sommes assis afin de reposer nos membres fatigués. Nous parlions à voix basse, et n’avons pas fait de feu de peur que le moindre bruit ou la moindre lumière ne trahissent notre cachette. Nos cœurs étaient mornes, opprimés par de sombres pressentiments, les événements de la journée nous semblaient cauchemardesques.

Oh! si seulement cela n’avait été qu’un rêve mes Petiots. Hélas! C’était la triste réalité, et encore, dans notre misère, nous ne réalisions pas vraiment que ces événements s’étaient réellement passés.

Nos aînés s’étaient retirés de quelques pas afin de se prononcer sur la meilleure façon de poursuivre, car, dans la précipitation du départ, aucun plan d’action n’avait été vraiment décidé, notre but principal étant d’échapper aux outrages et aux mauvais traitements d’une soldatesque impitoyable et cruelle. Il fut décidé que la meilleure façon était de se rendre au Canada, après quoi, nous traverserions les grands lacs du Nord, notre voyage deviendrait alors terrestre jusqu’à la rivière Mississippi, sur les eaux de laquelle nous pourrions voyager en descendant vers le sud pour Louisiane. Cette colonie française était habitée par des gens de notre race, et professant la même croyance religieuse que la nôtre.

Mais pour mener à bien ce plan, mes Petiots, nous devions voyager des milliers de milles à travers un pays vierge de civilisation, à travers des forêts sans fin, et sur des lacs larges et profonds comme la mer. Nous étions conscients qu’il nous faudrait surmonter des obstacles sans nombre, rencontrer des dangers, des difficultés à chaque étape, et pourtant nous sommes restés fermes dans notre détermination. C’était l’exil avec son cortège de malheurs et de misère, c’était peut-être la mort pour beaucoup d’entre nous, mais nous nous soumettions à notre sort, nous étions prêts à sacrifier tout ce que nous avions pour notre religion, et pour l’amour de la France.

Nous nous mîmes à genoux afin d’implorer l’aide et la protection de Dieu pour nous secourir dans les nombreux dangers qui ne manqueraient pas de nous assaillir, et, confiant dans la Providence, nous nous sommes couchés sur le sol nu afin de dormir.

Comme vous pouvez l’imaginer, Petiots, personne, sauf les petits enfants dormirent cette nuit-là. Nous étions dans un état d’angoisse si déchirant que les heures s’écoulèrent sans amener le doux repos d’un sommeil réparateur.

Quand la lune se leva, dissipant peu à peu l’obscurité de la nuit, nous avons décidé de poursuivre notre voyage. Nous avons fait le moins de bruit possible, nous avancions prudemment, nos craintes et appréhensions augmentant de plus en plus à chaque étape. Tout à coup, notre colonne s’arrêta. Un silence de mort régnait, et nos cœurs battaient la chamade. Était-ce le son d’un tambour qui nous avait surpris ? Personne ne pouvait le dire. Nous avons écouté avec attention, mais le son s’était éteint, et le silence de la nuit restait intact. Notre inquiétude devint plus intense. Était-ce l’ennemi qui nous poursuivait ? Nous sommes restés sur le qui vive, rempli de cette angoissante oppression de l’inconnu, ne sachant pas si le danger rôdait devant nous. Les quelques minutes qui suivirent semblèrent durer une éternité. Nous nous sommes rapprochés les uns des autres et avons chuchoté notre craintes aux autres, Petiots, notre destin était scellé. Nous étions dans un chemin étroit entouré par l’ennemi, sans la possibilité de lui échapper. Je ne sais comment vous décrire ce qui suivit. Les femmes se tordaient les mains et sanglotaient piteusement dans leur désespoir. Les enfants, terrifiés, émettaient des cris aigus et perçants, tandis que les hommes, aiguillonnés par la colère, exprimaient leur rage avec des exclamations confuses, et étaient déterminés à vendre leur vie la plus chère possible.

Après un certain temps, le tumulte s’apaisa, et l’ordre fut quelque peu rétabli.

Le commandant s’approcha de nous,« – Acadiens – dit-il, vous avez fui de vos maisons après les avoir réduites en cendres, vous avez conçus des actes séditieux contre l’Angleterre, et nous vous retrouvons ici, dans la profondeur de la nuit, rassemblés et complotant contre le roi, notre seigneur et souverain. Vous êtes des traîtres et vous devez être traité comme tel, mais dans sa clémence, le roi offre son pardon à tous ceux qui lui prêtent serment de fidélité et d’allégeance.

Franck Dicksee: Evangeline

Franck Dicksee: Evangeline

– Monsieur – répondit René Leblanc, sous la direction duquel nous avions quitté Saint- Gabriel – notre roi est le roi de France, et nous ne sommes pas des traîtres au roi d’Angleterre dont nous ne sommes pas les sujets. Si par la force des armes, vous avez conquis ce pays, nous sommes prêts à reconnaître votre suprématie, mais nous ne sommes pas disposés à nous soumettre à la domination anglaise, et pour c’est pourquoi nous avons abandonné nos maisons pour émigrer en Louisiane, y chercher, sous la protection du drapeau français, le calme, la paix et le bonheur que nous avons connus ici.

L’officier, qui avait écouté les bras croisés les nobles paroles de René Leblanc, répondit avec un air menaçant de haine: « – En Louisiane vous souhaitez aller ? en Louisiane vous irez, et vous y chercherez en vain le drapeau français et sa protection que vous avez n’avez pas réussi à obtenir de lui au Canada. Soldats – a-t-il ajouté, avec un sourire qui fit frémir – escortez ces dignes patriotes au bord de la mer, où le transport leur sera donné aux frais de Sa Majesté sur ses navires ».

Ces mots, pour nous, sonnaient comme le glas; nous avons clairement vu que notre destin était scellé. Nous étions anéanti, et encore, dans l’amertume de notre malheur, nous n’émettions pas un mot de remontrance. Nous nous soumettions à notre sort sans une plainte.

Ils nous ont traités brutalement, sans considération que ce soit pour l’âge ou le sexe. Ils nous ont conduits à travers la forêt jusqu’à la mer, où leurs navires étaient ancrée. Ils ont embarqué le plus grand nombre d’entre nous dans l’un de leurs navires, levèrent l’ancre, et mirent les voiles. Le reste de notre groupe avait été conduits sur un autre navire qui quitta les lieux avant le nôtre.

Claude Picard

Claude Picard

Est-il nécessaire, Petiots, de vous décrire notre désespoir quand arrachés à nos parents et à nos amis, nous nous vîmes enfermés dans les cales de ce navire comme des malfaiteurs? Est-il nécessaire de vous décrire l’horreur de notre situation, nos souffrances, notre angoisse pendant les nombreux jours que notre voyage sur la mer dura?

Cela peut être plus facilement imaginé que décrit. Nous étions blottis dans un espace à peine assez grand pour nous contenir. L’air raréfié par notre respiration était devenu malsain et oppressant. Nous ne pouvions nous allonger pour reposer nos membres fatigués. Peu de nourriture, de l’eau donnée à contrecœur, à peine assez pour mouiller nos lèvres desséchées, sans personne pour s’occuper de nous, vous pouvez bien imaginer que nos souffrances devinrent insupportables. Lorsque nous faisions des remontrances à nos geôliers sur notre traitement, et que nous nous plaignions amèrement de l’excès de malheurs, eux semblaient s’en réjouir. Ils nous raillaient, nous moquaient nous surnommant de nobles patriotes, de français tenaces et papistes. Ces épithètes nous allaient droit au cœur, et ajoutaient à notre détresse.

Notre navire jeta enfin l’ancre, et l’on nous dit arrivé à notre destination. Était-ce la Louisiane ? nous avons demandé. leur seule réponse ne fut qu’une litanie de Railleries grossières, d’invectives. Nous fûmes débarqués avec la même brutalité impitoyable avec laquelle nous avions été traînés sur leur navire. Ils nous débarquèrent sur un abrupt et rocheux rivage, en nous laissant quelques rations. Ils nous saluèrent avec dérision avec leur casquettes et nous dire : « – adieu nobles patriotes ». Notre angoisse, à ce moment là, peut difficilement se concevoir. Nous étions des parias dans un pays étranger. Nous étions sans amis et sans le sou, avec quelques rations que l’on nous avait jetés comme à des chiens. Le soleil était maintenant tombé, et nous étions plongés dans sombre désespoir.

Birket Foster: Bateaux de deportation

Birket Foster: Bateaux de deportation

Notre seul espoir résidait dans la miséricorde d’un genre de Providence, et avec un cœur trop plein de prière, nous nous agenouillâmes d’un commun accord et en silence suppliâmes le Seigneur afin qu’il daigne nous avoir en pitié et qu’il nous prenne sous sa protection. Jamais prière ne fut plus profonde ni plus sincère pour aller jusqu’au trône de Dieu. Lorsque nous sommes revenus à l’espoir, une fois de plus souriant en l’avenir, nos âmes irradiaient et le désespoir s’était dissipé, comme si par magie, l’obscurité qui s’était installé dans nos cœurs avait disparu. Nous avons estimé qu’il n’y avait que des causes nobles qui conduisaient au martyre, et nous avons cherché en nous la force des martyrs d’une cause sainte, et avec une conscience claire, nous nous sommes posés pour dormir sous la voûte étoilée du ciel.

L’aube du jour nous a trouvés dispersés en petits groupes, discutant sur la façon de poursuivre notre migration, et nos cœurs grandis s’étaient à nouveau affaiblis à l’idée de l’inconnu qui nous attendait.

À ce moment-là, nous aperçûmes deux cavaliers s’approchant de notre campement de fortune. Nos cœurs battaient avec émotion, l’incident, aussi simple qu’il fut, s’avéra être de grande importance pour nous. Nous avons pressenti que la Providence ne nous avait pas abandonné, et que les deux cavaliers annonçaient la paix et la joie, qu’ils étaient les messagers de la fin de nos douloureuses épreuves.

Nous n’avions pas tort, Petiots. Lorsque les cavaliers mirent pied-à-terre, ils se sont adressés à nous en anglais, mais avec des mots courtois et aimables, aussi le son de la langue haïe ne nous écorcha point les oreilles, et nous sembla aussi doux que celle de notre propre langue. Ils nous saluèrent gracieusement, et se présentèrent comme étant Charles Smith et Henry Brent. «- Nous sommes informés – déclarèrent-ils – et savons que vous êtes exilés, et que vous avez été jeté dans le plus grand dénuement sur nos côtes. Nous sommes venus pour vous saluer, vous souhaiter la bienvenue et vous offrir l’hospitalité.» Ces paroles aimables pénétrèrent dans nos cœurs. «- Bons messieurs – répondit René Leblanc – vous voyez  là un peuple malheureux privé de leurs maisons et dont le seul crime est l’amour pour la France et leur dévouement à la foi catholique», et disant cela, il souleva son chapeau, et tous les hommes de notre groupe firent de même. «- Nous vous remercions de bon cœur pour votre accueil et pour  votre offre généreuse. Mais voyez-vous, nous comptons plus de deux cents personnes, et cela serait taxé trop lourdement votre générosité, seul un roi pourrait accomplir votre noble invitation. « 

franck dicksee: evangeline

franck dicksee: evangeline

– Monsieur – répondirent-ils – nous sommes des citoyens du Maryland, et nous possédons de grands domaines. Nous avons tout en abondance dans nos maisons, et cette abondance, nous sommes prêts à la partager avec vous. Accepter notre offre, et les familles Brent et Smith seront toujours reconnaissantes à Dieu, qui leur a donné les moyens de soulager vos besoins, d’apaiser vos souffrances et vos douleurs.  »

Comment pouvions-nous refuser une offre si généreusement faite ? Il était impossible pour nous de trouver les mots pour exprimer notre gratitude. Incapable de prononcer un seul mot, nous leur avons serré la main, mais notre silence était beaucoup plus éloquent que n’importe quelle langue que nous aurions pu utiliser « .

Assisté par leur générosité de leurs amis, Les Acadiens deviennent prospères, mais aspirent à rejoindre leurs amis et parents de Louisiane.

Le même jour, nous sommes allés à leurs fermes, qui se trouvaient à proximité. Je n’ai jamais oublié le bon accueil que nous avons reçu de la part de ces deux familles. Elles ont rivalisé dans leurs bons offices, et chaque membre est allé au-devant de nos besoins avec tant de grâce et d’affabilité, que cela a donné plus de charme et de valeur à leur immense hospitalité.  » – Petiots, laissez les noms de Brent et de Smith enchâssés comme des bijoux précieux dans vos cœurs, que le souvenir de ces êtres, les plus dignes et les plus généreux qui n’aient jamais respiré l’air pur du ciel, ne se fanent jamais dans votre mémoire ».

C’est ainsi, mes Petiots, que nous nous sommes installés dans le Maryland après avoir quitté Acadie.

Abbaye Edwin Austin (1852-1911)

Abbaye Edwin Austin (1852-1911)

Trois ans se sont écoulés en paix et en bonheur, et pendant tout ce temps-là, les familles Smith et Brent sont restés des amis fidèles. Notre groupe prospéra, et beaucoup retrouvaient le sourire dans leurs maisons. Nous vivions aussi heureux que des exilés puissent le faire loin de leur patrie et dans l’ignorance du sort de ceux qui nous avaient été arrachés si impitoyablement. En vain nous avons essayé de connaître le sort de nos amis et parents afin de savoir ce qu’ils étaient devenus, nous ne pouvions rien apprendre. Beaucoup de parents pleuraient leurs enfants disparus, plus d’une femme était inconsolable et dépérissait dans la douleur et le chagrin sans espoir pour un mari perdu, mais, mes Petiots, le plus triste de tout, c’était le sort de la pauvre Emmeline Labiche.

Emmeline Labiche? Qui était Emmeline Labiche? Nous n’en avions jamais entendu parler auparavant, et notre curiosité fut excitée au plus haut point.

 

suite au prochain numéro.

libre traduction de : Acadian Reminiscences by Felix Voorhies

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