L’orpheline/ chapitre 002 et 003 première partie

chapitre 001

épisode précédent

Chapitre 002

Un vicomte narcissique

Paul-Louis de Madaillan-Saint-Brice

Paul-Louis avait toujours été très beau et dégageait une allure princière de par sa taille et sa posture. Avec son étincelle de génie dans les yeux, ses traits réguliers et sa mâchoire forte, il impressionnait toute sa sphère. Son égo illimité et sa confiance en lui avaient constamment fait croire que sa puissance pouvait vaincre la mort. Il aimait se lancer des défis, simplement pour triompher de ses éventuelles craintes. Son entourage se révélait admiratif de cet aplomb qui ne le quittait jamais. Lorsque son père, le vicomte de Madaillan-Saint-Brice, se retira de son régiment, il lui demanda d’intégrer à sa place la maison militaire du roi, en tant que Capitaine de la garde du corps du roi. Celui-ci s’empressa d’accepter et rejoignit Versailles avec la lettre de recommandation de son paternel. Il n’eut aucun mal à s’y incorporer. 

***

En l’année de 1722, Philippe d’Orléans, le Régent de France goûtait avec plaisir l’exercice du pouvoir. Surgit alors dans sa tête une idée de génie, une idée qu’Henri IV avait déjà eue et qu’il comptait réitérer. En 1615, les ambassadeurs français et espagnols avaient effectué dans l’île des Faisans l’échange de deux fiancées royales. Élisabeth, la fille d’Henri IV, fut promise à Philippe IV, roi d’Espagne, et en contrepartie Anne, la sœur de celui-ci, était destinée au futur Louis XIII, frère d’Élisabeth et fils d’Henri IV. Philippe d’Orléans décida donc de proposer une action similaire à Philippe V d’Espagne, un mariage entre Louis XV, âgé de onze ans, et la très jeune infante, Anna Maria Victoria, âgée de quatre ans. En échange, il suggéra de donner une de ses nombreuses filles, Mlle de Montpensier, comme épouse au jeune prince des Asturies, héritier à venir du trône d’Espagne. Cela lui permettait de renforcer ses positions et de consolider la fin du conflit avec son pays voisin. La réaction de Madrid s’avéra enthousiaste, et les choses se mirent vite en place. Le duc de Saint-Simon fut enrôlé par le Régent en tant qu’« ambassadeur extraordinaire » afin d’aller signer les actes de mariage. Il accepta que les deux fils de ce dernier, Jacques-Louis Vidame de Chartres, et Armand-Jean, l’accompagnent en vue d’obtenir pour lui-même et pour eux, le titre de grand d’Espagne. 

La garde royale se trouva responsable du périple des deux princesses. Le lendemain du bal qui fêtait les deux alliances, on mit mademoiselle de Montpensier dans un des carrosses du voyage. Elle se retrouva escortée de la très laide madame de Cheverny, sa gouvernante, et de la duchesse de Ventadour, future gouvernante de l’infante. L’une et l’autre ne passeraient pas la frontière et l’y laisseraient seule. Elles roulèrent dans un riche équipage de huit chevaux, accompagné de quatre-vingts gardes dont Paul-Louis était l’un des capitaines, suivis de cent cinquante gardes dirigés par le prince de Rohan-Soubise fermant la marche qui les conduisaient jusqu’à la frontière espagnole. Le trajet fut long et des plus désagréable tant les routes étaient mauvaises. Parvenu à Bayonne, Mademoiselle de Montpensier, malade, fut reçue par la reine-douairière d’Espagne, Marie-Anne de Neubourg, deuxième épouse de Charles II d’Autriche.

L’échange entre les deux princesses devait s’accomplir sur l’île des faisans au milieu de la Bidassoa, rivière qui débouchait dans le Pays Basque et qui servait de frontière entre les deux royaumes. Afin d’exécuter une arrivée en grande pompe, on construisit au cœur de l’île un magnifique pavillon. Il fut constitué de deux ailes égales, l’une côté Français, l’autre côté Espagnol, elles se rejoignaient au centre sur un salon ornementé spécialement pour l’occasion. Fabriqués à Saint-Jean-de-Luz, à Paris, ou bien prêté par le garde-meuble du château de Versailles, le lieu était meublé et décoré avec splendeur. L’unique fonction du pavillon était d’être traversé. Pour y accéder, il fallait franchir des ponts de bateaux. Sur chaque rive, la foule s’était massée afin d’ovationner les deux princesses. La cérémonie de l’échange était dirigée par le marquis de Santa Cruz pour l’Espagne, et par le prince de Rohan-Soubise pour la France. Le salon avait été divisé par une ligne médiane, symbolisant la frontière que les deux princesses devaient traverser. Cela se fit à midi.

Paul-Louis, avec ses hommes, était resté sur la rive française du fleuve, ils attendaient l’infante d’Espagne qui allait prendre la place de Mademoiselle de Montpensier. Celle-ci arriva escortée par Maria Nieves et Mme de Montellano ainsi que de la duchesse de Ventadour qui repartait pour Versailles en sa compagnie. Dans le groupe des suivantes de la future reine, la seule personne que Paul-Louis remarqua ce fut une toute jeune fille qui marchait derrière l’infante et ses accompagnatrices. Elle détenait un visage d’ange. Émerveillé, il croisa son regard quand elle passa face à lui, son cœur se contracta. Lui qui n’avait jamais eu de difficulté à séduire les femmes, il s’interrogea, ce coup-ci y parviendrait-il ? Devant la beauté de la demoiselle, il douta de lui. C’était la première fois qu’il avait un tel ressenti.

Maria Louisa della Quintania était la petite fille d’un Vicomte français venu s’installer en Espagne à la demande de Louis XIV. Elle avait été élevée dans un couvent de Madrid, c’était une très jolie jeune fille au caractère indépendant, ce qui n’était pas facile à vivre dans une société où l’on ne demandait pas l’avis de  la gent féminine. Elle avait du mal à supporter l’autorité et elle avait bien compris que ce français qui la regardait sans fin faisait partie de ceux qui ne doutaient pas de leur pouvoir. C’était dommage, parce que l’homme ne lui déplaisait pas. Il avait profité du trajet de retour et des fêtes données en l’honneur de la future reine de France pour se rapprocher d’elle et lui faire la cour. Elle était restée distante et froide, car elle ne voulait point succomber à son désir, elle espérait bien mieux. Plus le temps passait, plus Paul-Louis s’adoucissait devant celle qui faisait vaciller son cœur. Maria-Louisa finit par s’attendrir, mais ne céda pas aux pulsions de son admirateur. Comprenant qu’il ne détenait qu’une solution, à peine arrivé au Palais-Royal, il la demanda en mariage, ce qu’elle accepta ainsi que ses parents. 

Chapitre 003

Le couvent

Philippine de Madaillan

Exceptionnellement, Philippine se retrouva seule, du moins le crut-elle. Elle était simplement éloignée de Jean et de ses parents qui l’avaient mise à l’ombre des chênes près du ruisseau pendant qu’ils semaient les récoltes à venir en s’alliant avec d’autres métayers. Le soleil brillait inondant le décor alentour à ce moment de la journée. De toute façon, elle était la fille du château donc elle ne pouvait participer à leurs activités. D’elle-même, elle l’aurait effectué, mais Berthe lui avait longuement expliqué qu’elle ne pouvait les aider. Ils pourraient se faire admonester voire pire, par le châtelain. Elle avait donc obéi, bien qu’elle n’ait aperçu le vicomte de Madaillan-Saint-Brice, qui était son oncle, que deux ou trois fois et encore de loin. Appuyée contre le tronc du chêne, elle laissait son regard rêvasser sur le paysage qu’elle avait face à elle. Sans s’en rendre compte, elle se dissocia du moment présent, et entra en transe. Elle se mit à marcher dans l’espace, puis elle sauta d’un nuage à un autre, ils la transportaient entre le monde réel et celui des entités qui l’accompagnaient journellement. Elle apercevait la métairie et ses champs d’en haut. Bien que ce fut étrange, elle n’était guère étonnée, elle avait déjà eu droit à différentes variantes. Elle vit arriver devant elle son ange. « — Philippine, il faut que tu ailles à la métairie, le majordome du Vicomte va venir te chercher. » La petite fille fut surprise par cette injonction. « — Pourquoi vient-il me chercher? Son maître ne s’est jamais occupé de moi.

— Cela est vrai, mais il lui a demandé de t’emmener au couvent des ursulines de Saint-Émilion.

— Au couvent ! Pourquoi dois-je aller au couvent?

— Il va épouser une vicomtesse espagnole, il ne veut pas que son union soit altérée par ta présence.

— Mais je vis à la métairie. Il n’en a donc rien à faire. Il ne s’est point intéressé à moi, à aucun moment.

— Philippine, si sa future femme l’apprenait, elle trouverait cela des plus étrange. De plus, tu dois recevoir une éducation digne de toi et le couvent s’avère la bonne formule.

— Bien, je vais y aller. De toute façon, je ne pense pas avoir le choix.

— C’est un fait! Mais ne t’inquiète pas, c’est une conjoncture bénéfique pour toi. » Sur ce, l’ange se dissipa, et la fillette rouvrit les yeux. Reprenant conscience de ce qui l’entourait, elle se leva, une merlette chantait au-dessus de sa tête. Elle rajusta sa mise et refit sa tresse qui tombait jusqu’au bas de son dos. Elle alla chercher Berthe, qu’elle considérait comme sa mère. Elle longea la rivière et se dirigea vers le champ où celle-ci binait, piochait et ensemençait avec son époux, son frère de lait et leurs voisins. 

Tous la savaient étrange, mais aucun n’avait d’apriori, elle s’avérait charmante et pleine de gentillesse, de plus c’était une châtelaine, visiblement abandonnée par son ascendance. Ils ressentaient de la pitié pour l’enfant. Ce dont ils n’étaient pas instruits, c’est qu’elle avait sauvegardé à plusieurs reprises leurs patrimoines ou des membres de leur famille. Pour Berthe et Paul, elle semblait connaître l’avenir. Ils avaient été déconcertés par les premières divulgations. Elle annonçait à l’avance avec naturel et certitude les orages ou les personnes qui allaient être ou étaient en difficulté. Elle le disait sans vraiment y réfléchir comme si l’information passait dans ses pensées par inadvertance. Cela leur avait permis plus d’une fois de sauver leurs biens et leurs parentèles. Pour Jean, c’était une évidence, à plus d’une occasion, elle l’avait empêché d’accomplir des bêtises ou de se mettre en danger. 

Quand elle arriva, Berthe leva la tête, au vu de la tristesse sur son visage, elle comprit qu’elle allait apprendre une mauvaise nouvelle. « — Maman Berthe, le majordome du château va se présenter à la métairie, nous devons y aller. » À la surprise de leurs voisins, le couple Fauquerolles et leur fils s’excusèrent auprès d’eux et prenant en main leurs outils, sarclettes, pioches et binettes, ils suivirent la fillette. Qu’allait-il encore se produire ? Pourquoi le majordome se rendait-il chez eux ? Il devait venir chercher la petite, mais pourquoi ? Ils se doutaient bien qu’ils n’allaient pas être informés de la raison, tout au moins pas tout de suite ou pas franchement. Jeannot marchait à côté de Philippine, il la questionnait. Il voulait savoir. Elle lui raconta ce qu’elle avait appris sans lui parler de son ange. Elle ne l’avait jamais tenue éclairée de sa présence. Il était abasourdi et très malheureux, il ne pensait pas que l’on pouvait le séparer de sa sœur de lait. Et le couvent, il ne pourrait y mettre les pieds. Il se renfrogna et devint très triste. 

Parvenu devant la métairie, le carrosse du château attendait. Lorsque le majordome les vit arriver, il descendit de la voiture. Ce fut Paul qui s’adressa à lui. « — Que nous vaut votre présence, monsieur Ribois

— Je viens chercher Philippine de Madaillan pour l’amener à l’abbaye de Saint-Émilion. Monsieur le Vicomte m’a envoyé un courrier afin que je l’y conduise diligemment, elle doit recevoir une éducation digne de son rang. Il estime qu’il a trop longtemps attendu. » En fait, tous se révélaient conscients qu’il avait quelque peu oublié l’enfant qui ne l’intéressait guère. « — Puis-je l’accompagner? » Demanda Berthe. Monsieur Ribois accepta avec soulagement. Il y en avait facilement pour deux bonnes heures de voyage. Il devait aller prendre un bac, un passe-cheval, à Branne, en espérant qu’il ne fut pas contraint d’aller jusqu’à Libourne, dans le but de faire traverser le carrosse sur la Dordogne et cela prendrait du temps. De plus, il ne sentait pas très à l’aise à l’idée d’emmener la fillette aux ursulines. Il n’aurait su dire pourquoi, tout au moins il ne voulait pas se l’admettre.

***

Sœur Élisabeth, la mère supérieure de l’abbaye des ursulines de Saint-Émilion, assise, face à la fenêtre de son bureau, réfléchissait. Elle était la dernière fille du comte d’Astier de la Vigerie. Celui-ci, comme tous les aristocrates de la région, détenait un château et des vignes, l’ensemble se situait dans le Médoc. Enfant, elle y passa sa vie. Lorsqu’à l’âge de sept ans, elle dut rentrer au couvent, instinctivement elle réclama à aller aux ursulines. Sa mère en ayant fait le retour à son père, celui-ci agréa, espérant qu’avec un peu de chance, elle demanderait à entrer dans les ordres. La période venue, Élisabeth souhaita être une sœur de son abbaye. Avec le temps, elle en devint la mère supérieure, car aucune postulante se révélant d’une famille noble ne désirait se perdre au fin fond de cette région. Elle ne regretta jamais sa situation même dans les moments les plus difficiles.

Après une pandémie, une peste arrivée de Marseille, qui avait amené la ville à se confiner, empêchant certaines de ses pensionnaires à revenir au couvent, voilà qu’elle se retrouvait avec une énigme. Elle ne comprenait pas pourquoi le Vicomte de Madaillan-Saint-Brice lui envoyait sa nièce. Elle n’avait évidemment rien contre, mais son abbaye avait été créée pour élever les filles des classes pauvres, il détenait bien sûr aussi beaucoup d’aristocrates désargentées. À son avis, cette enfant n’en faisait pas partie. De plus, ses grands-parents, les Bouillau-Guillebau, n’apparaissaient pas non plus dans le besoin. Ils avaient un hôtel particulier dans Bordeaux et une propriété viticole dans le Médoc et une autre dans les Graves. Elle supposait qu’il y avait autre chose, la fillette avait peut-être un problème, mais lequel ? S’en défaisait-il pour une raison quelconque ? Devait-elle l’accepter ? Que de questions lui traversaient l’esprit ! Elle attendrait de la voir pour décider. De toute façon si cela ne se passait pas bien, elle était en droit de la renvoyer.

***

Saint-Émilion par Leo Drouyn

Le carrosse n’avait pu pénétrer dans la ville, il s’avérait trop large pour les rues qui se présentaient face à lui. Il avait juste franchi la première des portes des murailles qui entouraient la cité et qui se situait sur leur route. Philippine tenait la main de Berthe, elles suivaient monsieur Ribois, qui connaissait à peu près Saint-Émilion, dans les petites ruelles tortueuses et escarpées, traversant les placettes ombragées sur le pavé irrégulier. Ils passèrent devant de nombreux édifices religieux des plus impressionnants, ainsi que des demeures cossues. La pierre calcaire ocre et les toits de tuiles rouges donnaient à l’ensemble une harmonie sublimée par le soleil couchant. Aucun d’entre eux ne le réalisa vraiment, ils étaient trop préoccupés par la suite des événements. Ils arrivèrent sur un des côtés du couvent dominé par la tour du roi à l’arrière de celui-ci. Ils hésitèrent un instant, mais Philippine s’avança d’elle-même vers la porte qui se présentait face à elle. Le majordome tira sur la cordelette qui fit sonner la cloche. Alertée, sœur Geneviève vint ouvrir le ventail. Elle fit pénétrer Berthe et Philippine et demanda à monsieur Ribois de patienter dans le parloir dévolu à cet effet. Elle guida la nourrice et l’enfant jusqu’à la mère supérieure. Elles croisèrent des sœurs en habit sombre. Elles étaient toutes vêtues d’une robe de serge noire ceinte d’un cordon de laine et d’un grand voile de même couleur descendant presque à leurs pieds sur une guimpe blanche. La fillette réalisa qu’elle avait déjà rêvé de la scène, elle les avait alors prises pour des fantômes. Arrivées devant le bureau de la mère supérieure, sœur  Geneviève toqua afin de signaler leur présence. Elle entendit une voie lui dire de rentrer. Elles pénétrèrent dans la pièce et y trouvèrent sœur Élisabeth ainsi que sa Prieure, sœur Dorothée. Les deux nones regardèrent de suite la petite fille avec curiosité, cherchant ce qui pouvait ne pas aller dans celle-ci. Elles découvrirent une enfant pas très épaisse, il est vrai, mais déjà grande. Elle s’avérait très jolie avec ses yeux en amandes étincelants, voire illuminés, et sa chevelure abondante d’un châtain roux aux reflets cuivrés. Elle était habillée comme une paysanne ce qui les surprit. Sœur Élisabeth s’adressa directement à elle. «  Bonjour, je suppose que tu es mademoiselle Philippine de Madaillan?

— Bonjour révérende mère, oui je suis bien Philippine.

— Quel âge as-tu, mon enfant?

— J’ai aujourd’hui sept ans.

— Ah! c’est aujourd’hui l’anniversaire de ta naissance. Bienvenue en ces lieux, j’espère que tu les apprécieras. Est-ce que tu sais lire et écrire?

— Non ma sœur, je n’ai jamais appris.

— Ce n’est pas bien grave, nous sommes là pour t’instruire. »

Philippine de Madaillan

Sœur Élisabeth était soulagée, la petite fille n’avait à première vue point de problème et elle s’annonçait vive. Elle parlait correctement, ce qui s’avérait surprenant n’ayant reçu aucune éducation. Cela la rassura. Elle sollicita sa Prieure afin de la conduire à sa maîtresse, la nonne qui s’occupait des pensionnaires les plus jeunes. Bien qu’elle douta de ce qu’elle allait dire, au vu de la mise de Berthe, elle lui demanda si elle était sa gouvernante. « — Non, je suis sa nourrice. Je l’ai accompagnée, car c’est le majordome du château qui est venu la chercher à la métairie.

— Si cela ne vous ennuie pas, je vais vous garder deux minutes, mais vous pouvez lui dire au revoir. » Berthe se baissa et embrassa celle qu’elle avait élevée et nourrie, la serra dans ses bras et la laissa partir avec tristesse en compagnie de sœur Dorothée. Constatant sa peine, la révérende mère la rassura. « — Ne vous inquiétez pas, vous pourrez venir la voir quand vous le voudrez, je suppose qu’elle détient une sœur ou un frère de lait?

— Oui, il s’appelle Jean.

— Il pourra lui aussi la visiter, s’il le désire. 

— C’est aimable à vous, ma sœur.

— Avez-vous une idée de la raison pour laquelle son oncle nous l’envoie?

— Aucune ma sœur ! À part que le vicomte va se marier, d’après son majordome, je suppose qu’il ne veut pas de la présence de l’enfant. Elle pourrait déranger sa future épouse. 

— Cette enfant n’a pas de problème particulier dans le comportement ou dans sa façon de penser?

— Oh non! Ma sœur, Philippine est tout à fait normale.

— C’est une bonne chose. Je vais vous laisser repartir, sœur Geneviève va vous raccompagner. Surtout, n’hésitez pas à revenir la voir. Sachez que je vais écrire à sa grand-mère, je suppose qu’elle aimerait être informée de la situation de sa petite fille.

— C’est possible. Merci révérende mère. »

Sœur Élisabeth n’avait pas cru Berthe, elle pressentait quelque chose, mais elle ne comprenait pas quoi ? De plus, elle était stupéfaite, Philippine n’avait jamais obtenu de gouvernante. Apparemment, elle avait passé ses sept premières années chez sa nourrice, ce n’était pas commun. Son oncle visiblement ne s’était jamais senti concerné par l’enfant. Comme c’était une fille… cela s’avérait sans surprise. Elle avait été étonnée du scepticisme de Berthe quant à l’intérêt de Mme Bouillau-Guillebau pour la fillette. Décidément, tout cela était étrange, elle espérait ne pas commettre une erreur en intégrant Philippine.

_______________________________________________________________________

Cette histoire met en scène des personnages réels et des personnages fictifs ainsi que des événements et des dialogues inventés à des fins dramatiques et afin de compléter les vides des biographies. Les illustrations des personnages ne sauraient être confondues avec les personnes réelles.

épisode suivant

mes écrits

2 réflexions sur “L’orpheline/ chapitre 002 et 003 première partie

  1. Pingback: L’orpheline/ chapitre 003 deuxième partie et 004 | franz hierf

  2. Pingback: L’orpheline/ chapitre 001 | franz hierf

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.