L’orpheline/ chapitre 006 et 007

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Chapitre 006

Un premier tournant 

Catherine de Rauzan

L’orage sur le matin avait évacué vers l’est. Quand arriva le carrosse, Marie Sophie de Rauzan jeta un œil à la porte-fenêtre qui donnait sur le balcon central du bâtiment que les rayons du soleil baignaient. Elle était quelque peu contrariée, elle se serait bien passée de tout ce remue-ménage. Elle se devait d’organiser l’enterrement de son mari. Le décès de son époux ne l’avait guère affligée, cela faisait longtemps qu’il ne s’intéressait plus à elle. Il était mort suite à un malaise qui l’avait fait tomber de cheval en revenant de Bordeaux. Il ne s’était pas remis de sa chute et avait mis plus d’une semaine à quitter la vie. Elle avait presque trouvé cela trop long même si elle ne s’en était point préoccupée.

C’était le frère puîné de son époux qui avait décidé d’aller chercher ses deux filles au couvent et de prévenir ses deux garçons, Isidore qui avait intégré l’armée royale et Paul-Marie, qui était entré dans les ordres dans un monastère bordelais. Pour l’instant, le seul à être revenu était ce dernier, il était devenu moine à l’abbaye de Sainte-Croix, il ne se situait donc pas loin. Leur sœur aînée, Marie-Madeleine Denys, femme d’un membre d’une famille de parlementaires et vivant au Château de Cérons, était arrivée la veille suite à la nouvelle. Elle se serait bien passée du retour de sa progéniture.

Elle avait eu douze grossesses, six enfants avaient survécu. Après toutes ses souffrances, une nouvelle douleur avait surgi au fil du temps. Elle subissait une surcharge pondérale. Elle se révélait pour ainsi dire aussi large que haute et était essoufflée au moindre mouvement. La plupart de ses enfants ressemblaient à leur père, ils étaient grands et minces. Un seul lui ressemblait, c’était son fils aîné, l’héritier du titre et du domaine, François-Xavier. Les autres ne l’intéressaient guère, elles les avaient même peu vus à peine nés, ils avaient eu une nourrice puis une gouvernante et les filles avaient reçu leur éducation du couvent. Elle n’avait guère de considération pour eux d’autant qu’ils avaient causé son martyre. 

*** 

Marie Sophie de Rauzan

La famille des vicomtes de Rauzan avait d’abord obtenu un château du roi de France Charles VII, pour leurs exploits à la fin de la guerre de Cent Ans. Le Château de Rauzan, qu’ils avaient délaissé depuis plusieurs générations, était un château fort médiéval construit au XIIIème siècle, lorsque l’Aquitaine appartenait à la couronne d’Angleterre, par le fameux roi-duc Jean Sans Terre, frère de Richard Cœur-de-Lion. Les vicomtes de Rauzan l’avaient reçu après le départ des Anglais et l’avaient déserté pour des terres plus riches, aussi la demeure familiale se trouvait désormais près de l’abbaye de la Sauve-Majeure. Le site du monastère se déployait à ciel ouvert sur plus de deux hectares clôturés d’un mur d’enceinte au cœur d’une vaste forêt entre les fleuves de la Garonne et de la Dordogne. Presque à l’abandon, les moines bénédictins de Saint-Maure en avaient pris possession et lui avaient redonné vie. Cela n’avait alors pas arrangé la famille de Rauzan qui avait grignoté le terroir et avait donc dû le rendre.

Le paysage s’avérait très vallonné et en dehors des vignobles le château était entouré d’une grande prairie et de beaux arbres. La propriété s’était rétrécie au fil des ventes de terres effectuées par le grand-père et le père afin de maintenir leur niveau de vie, tout d’abord à Versailles puis à Bordeaux. L’héritage se trouvait désormais réduit à une peau de chagrin. 

***

À peine ramener par leur oncle au sein de la demeure, Catherine et sa sœur Appoline se retrouvèrent dans leurs chambres d’enfants sous les toits. Cela démontrait bien le désintérêt de leur mère pour elles. Si son aînée ne se posait guère de question, Catherine, elle, ne comprenait pas pourquoi son oncle était venu les chercher. Elle espérait seulement que Philippine avait raison et qu’elle allait revenir à l’abbaye.

Abbaye de La Sauve-Majeure

La messe se déroula dans l’église Notre-Dame de l’abbaye. Outre la famille, des amis du défunt étaient venus de Bordeaux et des alentours. Catherine restait étonnée, le lieu se révélait rempli. Devant elle, au premier rang, se situaient sa mère, son frère et sa sœur aînée avec leurs conjoints. Les autres enfants avaient été relégués à l’arrière-plan, cela ne faisait que confirmer le délaissement qu’ils avaient pour eux. Le curé n’en finissait pas de faire des louanges au sujet du défunt. La jeune fille avait conscience que certaines s’avéraient plus qu’erronées, elle soupçonnait de sa part un intérêt, mais elle ne percevait pas lequel, sachant que la famille ne détenait pour ainsi dire plus de richesse. Une fois la célébration achevée, ils suivirent la bière jusqu’au cimetière. Le religieux accomplit une dernière bénédiction, puis les hommes qui portaient le cercueil le déposèrent dans le caveau familial. Comme le voulait la tradition, les personnes venues à l’enterrement furent accueillies au château. Catherine trouvait cela interminable. Elle ne conversait avec personne, car nul ne savait qui elle était. Le seul invité qui s’adressa à elle la prit pour une servante. Elle dut le remettre à sa place, bien sûr elle était consciente que c’était dû à sa mise.

***

Le souper fut lugubre pour Catherine. Il n’y avait que la famille et leurs conjoints et tous parlaient de personnes qu’elle ne connaissait pas, aussi cela n’avait aucun intérêt pour elle. Sa sœur, comme elle, se contentait de manger. Les quatre enfants venus pour l’enterrement repartaient le lendemain. Le repas fini, son oncle et son frère aîné retinrent Catherine. Elle fut surprise, mais elle obéit. « — Catherine, ce que je vais te dire est contrariant. Père ne m’a guère laissé d’argent, aussi je ne pourrais te doter. Tu vas bien sûr retourner au couvent, il avait payé tes deux prochaines années. Ensuite, tu reviendras au château. » La jeune fille debout devant ses interlocuteurs resta sidérée, son frère était en train de lui expliquer qu’elle allait devenir vieille fille. C’était pour elle le comble de l’injustice. Elle demeura stoïque gardant en elle sa colère. La seule chose qui la rassurait c’était qu’elle regagnait l’abbaye et qu’elle allait revoir ses amies. Elle n’avait aucun doute, Philippine allait lui donner la solution quant à son avenir. 

Chapitre 007

Le deuxième tournant, un début de solution

Philippine de Madaillan

Les trois amies avaient patienté deux années avant que Philippine détienne un début de solution quant à leur avenir. Lorsque Catherine était rentrée de l’enterrement de son père, son amie avait essayé de la rassurer, lui confirmant qu’elles quitteraient toutes les trois ensemble l’abbaye, mais elle ne savait pas pour où ni comment. Chaque fois qu’elle rencontrait une entité, elle n’était pas concernée, pas plus que ses compagnes. Elle avait ainsi appris le départ de sœur Domitille, l’arrivée de sa remplaçante sœur Geneviève. Elle avait été informée des vœux de la sœur de Catherine, Appoline et le fait qu’elle suivrait sœur Domitille au couvent de Rouen et de là toutes les deux se rendraient ensuite à celui de la Nouvelle-Orléans.

***

Elle laissait courir ses doigts sur la harpe et en pinçait les cordes pour en tirer les notes tandis que sa voix cristalline s’élevait en un chant harmonieux. Philippine était restée seule dans la salle de musique. Elle répétait ce qu’elle pratiquerait pour la messe de Pâques. Alors que la douce sonorité, limpide, surprenante et puissante l’envoutait l’hypnotisait, elle rouvrit les yeux. Une présence se tenait dans le lieu. Son regard découvrit dans un coin de la pièce un ours assis qui l’écoutait. Elle sut de suite que c’était son gardien. L’animal avait changé d’espèce, cela paraissait l’amuser. « — Bonjour Gardien, je suppose que si tu te trouves là, c’est que tu as une nouvelle à me faire passer. 

— C’est juste Philippine, c’est l’ange Jabamiah qui m’envoie. Demain, ton oncle va venir s’entretenir avec la mère supérieure.

— Ah! C’est nouveau. C’est même la première fois depuis que je suis entrée au couvent. Et pourquoise présente-t-il?

— Il porte des contrats dont l’un d’eux notamment fera de toi « une fille du roi ».

— Une fille du roi? Qu’est-ce? Je suppose qu’il ne va pas faire de moi une princesse. 

— Bien évidemment que non. C’est le nom donné aux prétendantes auxquelles le roi fournit une dot, en échange elles doivent aller de l’autre côté de l’Atlantique à Québec en Haute-Louisiane afin de se marier. Mais ce ne sera pas ton cas, pendant le voyage tu deviendras « une fille à la cassette ».

— Et qu’est-ce donc?

— La même chose, mais la destination n’est pas tout à fait la même. Elle se situe plus au sud. C’est ce que l’on appelle la Basse-Louisiane.

— Mais que vont devenir Catherine et Fortunée, nous devions quitter le couvent ensemble.

— Elles vont te suivre, mais tu devras le demander à la révérende mère. »

Sur cette dernière phrase, le gardien se dissipa et disparut. Il avait visiblement donné tous les renseignements pour lesquels il était venu. Philippine resta un moment pour réfléchir. Elle s’avérait fort troublée de toutes ses nouveautés, elle se doutait bien qu’il allait se passer quelque chose, mais point d’aussi inattendu. Elle finit par se lever, elle secoua machinalement sa jupe de laine sombre afin de la remettre en place. Elle rangea sa harpe puis sortit de la pièce pour aller à la bibliothèque. 

***

Elle désirait prendre conscience où se situait son destin. Elle fut accueillie par sœur Julienne, la responsable des multiples livres contenus dans la pièce. Cette dernière ne fut pas surprise de la voir. La jeune fille se présentait régulièrement. Elle se révélait curieuse par nature et venait dans les lieux chercher ou approfondir des connaissances. Philippine la sollicita pour savoir si elle détenait un livre avec des cartes du monde et notamment de la Louisiane. La sœur fut étonnée, mais la guida vers un très grand livre édité par Nicolas de Fer, espérant y découvrir la demande. Quand Philippine examina les cartes où était dessiné le nouveau continent et qu’elle prit conscience de la distance qui le séparait de la France et en particulier de sa région, elle s’exclama sans vraiment y réfléchir. « — Mais comment réalise-t-on la traversée» La sœur la regarda et s’interrogea sur la remarque. Elle savait que la jeune fille pouvait connaitre l’avenir, elles en avaient parlé entre nonnes, ce n’était plus réellement un secret. Elle lui répondit, bien que ce ne soit pas une question. « — En navire, Philippine. Regardez dans ce livre il y a des dessins de vaisseaux effectuant ce type de traversée ». Elle l’attrapa, l’ouvrit et les lui montra. Philippine n’avait jamais été confrontée à ces informations dont elle n’avait jusque là pas eu besoin dans ses études. Elle allait partir si loin et sur un bâtiment qui semblait immense, le tout paraissait bien périlleux.

***

Philippine de Madaillan

Elle se devait d’en parler à ses compagnes. Elle ne pouvait faire autrement bien que le futur périple sembla fort dangereux. Elle se précipita au dortoir, c’était l’heure des devoirs, Catherine et Fortunée, comme il se devait, aidaient les plus jeunes. Philippine se joignit à elle en attendant le moment adéquat. Catherine de suite soupçonna quelque chose, son amie paraissait nerveuse. D’un froncement de sourcils et en dirigeant son regard sur celle-ci, elle alerta Fortunée. Philippine était visiblement troublée. Elles durent patienter pour savoir ce qu’il en retournait. Après la messe du soir, Philippine entraîna ses comparses vers la galerie du jardin d’agrément. À cette heure-là, le soleil se couchait laissant la place à la lune au milieu d’un ciel étoilé. Afin de ne pas être repérées par les sœurs, elles s’installèrent dans l’endroit le plus sombre. Philippine ne savait comment commencer tant la situation se révélait exceptionnelle. Elle remit l’une de ses mèches échappées de son chignon à sa place et se lança « — J’ai été avertie d’une nouvelle qui m’a stupéfiée et je l’avoue inquiétée. Je la partage avec vous, car il semblerait que vous puissiez être concernées. » Catherine et Fortunée furent surprises par le départ de la conversation, ce qui les intrigua. Où voulait donc en venir Philippine ? Cette dernière, courageusement, poursuivie. Elle se demandait comment ses compagnes allaient réagir. « — Mon oncle arrive demain voir la révérende mère afin de faire de moi une fille du roi ou une fille à la cassette. » Fortunée intervint la première. « — Mais cela va te conduire de l’autre côté de l’océan! Et en plus, c’est pour te marier avec une dot royale… Bien sûr, tu auras le droit de choisir ton futur époux. » Catherine resta ébahie, puis elle déclara. « — Tu crois que nous pouvons partir avec toi?

— Si vous le désirez, je peux le demander à la mère supérieure, puisque mon oncle va amener plusieurs contrats sur lesquels il n’y aura que le nom à mettre. Mais attention, le voyage peut s’avérer des plus périlleux. De plus, faut-il que ton frère le veuille ? 

— Pour cela, aucune inquiétude, que ce soit lui ou ma mère, ils ne savent comment se décharger de moi. Cette solution ne peut que les séduire.

— Et toi, Fortunée, es-tu intéressée?

— Bien sûr que je désire venir avec vous. Par contre, je ne suis pas sure que mon père acceptera. 

— Je peux voir avec la révérende mère si tu le souhaites. »

***

Au milieu de la matinée, sœur Dorothée se présenta essoufflée dans le bureau de la mère supérieure. Celle-ci fut étonnée, car elle avait frappé à la porte et avait pénétré aussitôt dans la pièce, ce qu’elle n’effectuait jamais. Elle attendait toujours qu’elle l’y autorise. « — Révérende mère, le vicomte de Madaillan-Saint-Brice vient d’arriver et désire vous voir. » Cette dernière était très surprise, il n’était jamais venu, ni n’avait demandé d’information au sujet de Philippine. Elle le fit entrer, elle était emplie de curiosité. « — Bonjour, monsieur le vicomte, que puis-je pour vous? » Il se tenait devant elle, il s’était assis sans attendre qu’on le lui propose. L’homme se révélait très arrogant et sûr de lui, la mère supérieure de suite ne l’apprécia pas, mais elle n’avait pas le choix. « — Bonjour à vous révérende mère. Je viens vous voir au sujet de Philippine de Madaillan qui, comme vous en êtes consciente, est ma nièce.

— Voulez-vous que je la convie à notre entretien?

— Non, ce n’est pas utile. Je me retrouve là pour deux choses. La première, c’est au sujet de sa grand-mère. Vous ne le savez surement pas, mais elle est décédée aussi il n’y a plus personne pour s’occuper de ma nièce. Deuxièmement, je viens vous porter des contrats royaux, cinq exactement, pouvant faire de vos pensionnaires des « filles du roi ». Bien sûr, l’un des contrats est au nom de ma nièce. Je l’ai déjà signé. » Il posa les documents sur la table et il rajouta. « — Sur ce, je vous laisse. Mes salutations, révérende mère. » Elle n’eut pas le temps de répondre qu’il s’était levé et était sorti. Elle demeura stupéfaite de son comportement. Elle n’en revenait pas de son indifférence envers Philippine ni de son manque de courtoisie. Elle était étonnée que le roi relance cette histoire de « filles du roi ». Cela devait venir d’un de ses ministres, car à son avis ce n’était plus guère d’actualité. De toute façon, il lui restait maintenant qu’à aller chercher la jeune fille afin de l’informer de ces deux nouvelles et non des moindres. Elle demanda à sœur Dorothée d’aller la quérir. 

***

 Dans les minutes qui suivirent, Philippine se retrouva au bureau de la mère supérieure. Elle avait craint de rencontrer son oncle, elle n’aurait su dire pourquoi. Heureusement, quand elle était entrée dans la pièce, n’était présente que la révérende mère. Elle était instruite de ce qu’elle allait lui annoncer, du moins le pensait-elle, aussi qu’elle ne fut pas sa surprise d’apprendre la disparition de sa grand-mère. C’était donc pour cela que son oncle avait apporté les contrats. Elle était quelque peu attristée par le décès, mais d’un autre côté à part les quelques visites qu’elle avait reçues, à aucun moment, elle avait été conviée à se rendre dans l’une des demeures familiales. Elle n’était par conséquent pas effondrée. Après tout, elle avait été rejetée par l’ensemble de sa famille même si sa grand-mère avait essayé de réparer la situation. Sœur Élisabeth fut assez étonnée de son manque d’émotion, mais elle la comprenait. Sa condition était des plus injuste. Elle donna l’indication suivante qui n’était pas des moindres. Elle annonça à Philippine que son oncle avait établi un contrat faisant d’elle une « fille du roi ». « — Vous savez ce que cela veut dire? » La jeune fille acquiesça et demanda. « — Pensez-vous ma mère que Catherine et Fortunée pourraient obtenir le même contrat? Je vous sollicite, car bien sûr elles sont intéressées. »  La révérende mère sourit, bien évidemment elle en avait été informée. « — Comme tu t’en doutes Philippine, je dois écrire à leurs pères. Je vous ferai connaitre leurs réponses lorsqu’elles m’arriveront. Tu n’as pas d’autres demandes?

— Non ma mère, aucune.

 Bien, tu peux donc retourner à tes activités. »

*** 

Fortunée de Langoiran

Comme dans tous les parloirs religieux, celui-ci était séparé en deux par une grille garnie de rideaux de serge noire. Sœur Hélène, qui se trouvait être la responsable des lieux, avait autorisé Fortunée à aller de l’autre côté où patientaient ses parents. Au fond de la pièce en bois de chêne sculpté, assis sur une banquette, ils l’attendaient. Sœur Marguerite était venue la chercher et l’avait emmenée jusqu’au parloir. Elle avait laissé la jeune fille passer la porte de séparation entre les deux salles, puis avec sœur Hélène, elles avaient tiré les rideaux afin que la famille de Langoiran obtienne un peu d’intimité.

Fortunée s’assit en face de ses parents. Elle était consciente qu’ils avaient déjà parlé avec la mère supérieure, avec laquelle elle-même avait exprimé clairement son désir d’accompagner ses deux amies. Elle avait pris le temps d’expliquer à cette dernière qu’elle n’avait aucun avenir si elle restait dans la région, la fortune parentale s’étant effondrée. Elle devait donc se débrouiller par elle-même, et les contrats de « filles du roi » représentaient une opportunité. 

Après s’être salué, Monsieur de Langoiran entama la discussion. « — Comme tu t’en doutes, nous sommes venus nous entretenir avec la révérende mère suite à sa missive, nous stipulant que tu voulais devenir une fille du roi ». Cela nous a surpris d’autant que l’on pensait que notre roi n’en envoyait plus.

– Oui père. Mais l’oncle d’une de mes amies a ramené plusieurs contrats de Versailles. Comme je suis consciente des difficultés financières de notre famille, j’ai songé que c’était une bonne solution.

— Tu as évidemment raison, mais j’avoue que je ne suis pas emballé par cette idée. Effectivement, cela te donne une chance de mieux construire ta vie. Ce qui m’inquiète, c’est notamment la traversée et de plus le fait de te savoir si loin.

— Je comprends bien père, mais vous n’allez pas pouvoir me doter et je n’ai nulle envie d’être une nonne. De toute façon, il faut de même une dot pour entrer dans les ordres même si elle est moindre. C’est pour cela que j’ai demandé à faire partie du groupe. 

— Si cela est ton désir, nous allons acquiescer à ta requête. Si j’ai bien saisi, vous partez début mai, aussi nous n’aurons guère l’occasion de nous revoir. J’ai donné une somme d’argent afin de te faire fabriquer une robe digne de ce nom. Ta mère et moi te souhaitons bonne chance.

Ils l’embrassèrent et là quittèrent, en fait le père de Fortunée avait déjà signé le contrat.

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Cette histoire met en scène des personnages réels et des personnages fictifs ainsi que des événements et des dialogues inventés à des fins dramatiques et afin de compléter les vides des biographies. Les illustrations des personnages ne sauraient être confondues avec les personnes réelles.

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2 réflexions sur “L’orpheline/ chapitre 006 et 007

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