1537 à 1559 Les premiers explorateurs: les Espagnols

Hernandez de Soto

Hernando de Soto découvre le Mississippi

Hernando de Soto découvre le Mississippi

1537. Une tradition indienne plaçait dans la Floride une fontaine dont l’eau avait la vertu de rajeunir. Hernandez de Soto, qui avait accompagné Pizarro à la conquête du Pérou, où il avait amassé de grandes richesses, ayant été nommé par Charles 1er, roi d’Espagne, gouverneur de l’île de Cuba, ainsi que de tous les pays qu’il pourrait découvrir et subjuguer, fut envieux de devenir le conquérant de la Floride, où il supposait des mines d’or aussi riches que celles du Pérou, et surtout il désirait se rendre maître de la fontaine de Jouvence, qui à elle seule valait tous les trésors du monde. Une flotte fut équipée; une armée de douze cents hommes, dont trois cents cavaliers, fut levée à ses frais. Il débarqua à la baie d’Espiritu Santo, d’où il renvoya ses bâtiments à la Havane. Les Indiens, qui l’observaient, l’assaillirent avec fureur. Soto résista, les repoussa, et arriva à Harriga, ville indienne, où il se reposa quelques jours. Il se dirigea ensuite vers le nord, toujours harcelé par les sauvages : les femmes lui apportaient des provisions; une reine lui fit un présent en perles d’une valeur considérable; mais les caciques lui dressèrent mille embûches d’où il sortit toujours victorieux. La Géorgie, le pays des cherokees, le Tennessee, le Kentucky furent parcourus triomphalement par les Espagnols, qui descendirent jusqu’à la baie de la Mobile par la vallée du Tombeckbee. Ce pays était occupé par les Maubliens, tribu natchez, aussi superstitieuse que jalouse de ses droits. Les plus grands périls y attendaient les Castillans. Ces Indiens se défendirent avec tant d’intrépidité et de fureur, qu’ils laissèrent onze mille hommes sur la place avant de livrer leur capitale; mille femmes se brûlèrent de désespoir en voyant leurs foyers envahis. Jamais dans les guerres des Indiens du nord, on a vu un tel carnage. Soto et ses hommes tournèrent leurs armes contre les Chickasaw, qui les attaquèrent avec des dards enflammés, pendant la nuit, les indiens tuèrent quarante hommes et cinquante chevaux. Arrivé sur le Mississippi, près de Chickasaw Bluff, il traversa, sur des bateaux plats, ce fleuve, appelé alors Cicuaga et désormais Mississippi. Dans ses excursions le long de la Rivière-Blanche, de l’Arkansas et de la Rivière-Rouge, Soto perdit une partie de son armée, de fatigue, de manque de provisions ou de maladie; lui-même attaqué par la fièvre, et sentant sa fin approcher, il nomma pour successeur au commandement Luis de Moscoso Alvarado, il assembla ses officiers autour de son lit et leur recommanda l’union, la soumission à leur chef, le maintien de la discipline dans l’armée, et surtout la persévérance dans leur entreprise. Il mourut dans les bras de son aumônier, à l’âge de 42 ans; son corps enfermé dans un cercueil rempli de boulets, fut coulé dans le Mississippi, à l’embouchure de la Rivière-Rouge, sans doute pour l’empêcher de tomber dans les mains des Indiens.

Luis de Moscoso Alvarado

Avec le reste de l’armée, il décida de remonter la Rivière-Rouge jusqu’au Texas, dans l’intention de se rendre par voie de terre au Mexique. Abandonnant bientôt ce projet, il descendit par eau jusqu’au Mississippi, où il fit mettre la main à la construction de plusieurs petites embarcations; mais les caciques, qui avaient juré sa perte, se liguèrent ensemble et parvinrent à lever une armée de quarante mille hommes. Des femmes indiennes révélèrent à Alvarado le danger qui le menaçait. Il parvint, à force de présents, à détacher quelques tribus de la ligue. Il s’embarqua sur le fleuve avec trois cent cinquante hommes et trente chevaux; c’était tout ce qui restait de l’armée d’invasion. Une flotte indienne de plus de mille pirogues peintes de couleurs vives, et montées par vingt-cinq mille guerriers, se mit à la poursuite des fugitifs. Le temps était calme; les Espagnols descendaient le fleuve lentement; les Indiens, faisant force de rames, les eurent bientôt atteints. Ils s’approchaient avec rapidité, leur lançaient une grêle de dards et de flèches, et se retiraient de même pour éviter les coups de leurs tonnerres. Ils les harcelèrent ainsi pendant dix jours sans éprouver la moindre résistance: les Espagnols manquaient de munitions; ils furent presque tous blessés, et tous auraient succombé peut-être sous les coups des sauvages, si un vent favorable qui s’éleva ne les eût mis hors de danger.

C’est au poète Garcilaso de la Vega dit L’Inca, à qui l’on doit le récit de cette expédition extravagante, intitulé: « Histoire de la conquête de la Floride ». De toutes les tribus indiennes mentionnées par cet historien, seules sont connues aujourd’hui celles des Alibamons, des Maubliens et des Tuscaloosa. L’auteur nous présente dans cette histoire, des peuples beaucoup plus avancés dans la civilisation que ceux d’aujourd’hui. Ils portaient des vêtements de lin, faisaient usage d’étendards pendant la guerre et possédaient des chiens; leurs villes, entourées de remparts, se composaient de maisons bien bâties, propres et couvertes de roseaux. Celles des grands seigneurs se distinguaient des autres par de grandes galeries qui les entouraient; des tapisseries en couvraient les murs, des sièges revêtus de couvertures brodées, représentant des emblèmes ingénieux, bien, exécutés, et bordés tout autour d’une frange écarlate, en ornaient les salles; il y avait des églises, avec des clochers surmontés de girouettes. Autour de ces villes s’étendaient des champs bien cultivés, et entourés de bonnes barrières. Les souverains de ces peuples se faisaient tenir des ombrelles sur la tête par des esclaves. Il y avait des reines à la tête de nations puissantes, qui portaient des colliers de perles et naviguaient dans des barques magnifiques. Ces Indiens, passionnés pour la musique, étaient assez crédules pour s’imaginer que leurs vainqueurs se laisseraient vaincre par le charme de l’harmonie. Soto avait fait prisonnier le roi de Caliquine, qui parvint à s’échapper; repris à l’aide d’un chien, et ramené dans sa prison, ses sujets, pour obtenir sa délivrance, s’approchèrent des Espagnols, en jouant sur leurs flageolets un air triste et touchant. Le peu d’effet de cette tentative les porta à faire usage de l’argument péremptoire de la hache et des flèches. À ces traits, ne croirait-on pas lire un épisode de la conquête du Pérou?

Tristán de Luna y Arellano

1559. Un autre aventurier espagnol porta la guerre aux Natchez. Tristan de Luna, parti de Vera-Cruz, dans le Mexique, débarqua au mois d’août dans la baie de Pensacola; la destruction de sa flotte par un ouragan le mit sans ressources sur cette côte aride. Il s’avança dans les terres, parvint au village indien de Nanipacna, habité par une peuplade autrefois très nombreuse, dont la ruine fut peut-être l’invasion d’Hernandez de Soto. Quoi qu’il en soit, Luna y Arellano et ses compagnons furent accueillis favorablement par les sauvages, sans doute parce qu’ils ne se sentaient pas assez forts pour résister aux étrangers. Lorsqu’il eut consommé toutes leurs provisions, il se porta au nord, et apprit de quelques Indiens que les Coosas, tribu muskogee, et les Natchez étaient en guerre; ces derniers refusant de payer à leurs ennemis le tribut imposé.

Luna y Arellano offrit ses services aux Coosas, qui les acceptèrent avec les plus grandes démonstrations de joie. Ils se rappelèrent Soto, contre qui ils avaient combattu, et dont le tonnerre les avait tant effrayés. Deux de ses soldats prisonniers, qu’ils avaient adoptés, avaient terminé parmi eux une carrière paisible. Cinquante fantassins et cinquante cavaliers espagnols se mirent bientôt en marché avec trois cents guerriers indiens.

À leur approche, les Natchez effrayés abandonnèrent leur village et se retirèrent au-delà d’un grand fleuve; les assaillants les poursuivirent. Un coup d’arquebuse, qui jeta mort un Natchez, remplit les autres d’une terreur si grand, qu’ils offrirent sur-le-champ de remettre les anciens tributs, et la paix fut consentie. Peu de temps après, Tristan de Luna, rappelé, partit pour le Mexique avec toute son expédition.

 

d’après Histoire de la Louisiane par victor Debouchel

http://books.google.ca/books?id=USYVAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

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