la chemise à la reine

franzvonhierf:

La robe qui fit scandale!

Marie-Antoinette, Reine de France, pour répondre aux violentes accusations sur le coût de ses toilettes, son impopularité est elle qu’elle est surnommée « Madame Déficit », demande à sa portraitiste Madame Élisabeth Vigée Le Brun de la représenter à la mode des créoles vêtue d’une robe dite en Gaulle.

C’est une robe droite, apparentée à la chemise que l’on porte à même à la peau. Elle est sans paniers en simple percale (fine étoffe de coton), en taffetas, en gaze et au fil du temps de plus en plus en mousseline, avec manches bouffantes, encolure agrémentée d’une collerette bouillonnante de forme ronde, d’un grand volant au bas de la robe et serrée à la taille par un ruban de tissu (ceinture de taffetas). Pour la première fois, dans la garde-robe arrive une “vraie” robe, toutes celles qui l’ont précédée sont composées de plusieurs pièces. La robe restée dans le vocabulaire comme la“chemise à la reine” s’enfile par la tête ou par les pieds. Effectivement à cette période la mode française insère dans sa garde-robe la robe à la chemise lancée par les Anglaises. Elle fut mise à la mode par le goût de l’antiquité et les besoins des élégantes dans les colonies, ainsi que par l’apparition des mousselines de coton.

Cette tenue est celle que la reine porte lors de ses séjours dans son domaine à Trianon. Il ne s’agit donc pas d’un caprice mais le besoin de se montrer telle qu’elle est réellement.

Exposé au Salon de 1783, ce portrait officiel fait pourtant scandale car il paraît indécent qu’une reine puisse se montrer habillée comme une simple femme de chambre voire dans une robe assimilée à un dessous.

L’affaire prend presque une dimension politique lorsque les satiristes vont rebaptiser le tableau La France sous les traits de l’Autriche réduite à se couvrir d’une pane. On lui reproche alors de vouloir ruiner le commerce de la soie en France et de faire le jeu des drapiers des Flandres qui relevaient de l’autorité de son frère, l’empereur Joseph II.

Étant donné l’ampleur du scandale, le tableau est retiré du salon et rapidement remplacé par le très célèbre portrait de Marie-Antoinette dit « à la rose ». Vêtue d’une robe de cour typiquement française en soie grise, on peut la voir confectionner un bouquet champêtre.

Le scandale fait toutefois la notoriété de la robe qui pendant 20 ans évoluera.

Le modèle original “en gaulle” a aujourd’hui disparu mais il en existe cinq répliques avec des variantes. Celui que vous pouvez admirer plus haut se trouve au Schlossmuseum de Darmstadt.