Nouvelle-Orléans

Nouvelle-Orléans

Nouvelle-Orléans

 » Pour ne rien perdre du spectacle, Lalie et ses neveux s’étaient groupés à la proue du navire, d’où l’on voyait le fleuve, élargi aux dimensions d’un lac, se perdre loin au nord dans des brumes de chaleur. La Bergère défilait face à des levées herbeuses derrière lesquelles pointaient les arêtes des toitures, au sein d’une végé­tation luxuriante de magnolias, de palmiers, de saules immenses et de sycomores. Autour de la flèche de l’église Saint-Louis, la ville aux allures de citadelle enterrée s’étalait, à l’abri de ces digues censées la protéger des crues du Mississippi. Des bannières aux couleurs jaune et rouge du roi d’Espagne surmontaient les édifices publics, flottant au vent.

A quai ou au mouillage, des bricks et des goélettes battant pavillon espagnol ou fleurdelisé stationnaient. Autour d’eux circulait une myriade de minuscules embarcations, canots indiens, barques à fond plat, certaines munies de voiles trapues et carrées, d’autres avançant à la force de leurs rameurs. Aux basses eaux, la rive laissait paraître ses limons accumulés, une boue jaunâtre léchée par le flot trouble.

Une rangée de maisons cossues que jouxtaient des entrepôts limitait le port, ménageant une vaste place grouillante de vie, de couleurs, de sons. L’activité de la ville tout entière semblait concentrée sur cet espace où se croisaient dans un certain désordre les Nègres, torse nu, ruisselant sous des charges, et les Blancs en promenade, les courtiers affairés et les chalandes sous leurs ombrelles.

Il avait plu là aussi, la boue malaxée par des centaines de semelles envahissait tout, jusqu’aux piles de sacs et de ballots, aux amoncellements de boucauts attendant d’être embarqués. Au milieu de ce chaos organisé s’étalait, sur des tréteaux et des tables, un marché bigarré de fruits, d’épices, de légumes. »

 

La plantation de Bois-Joli

Alain Dubos

 

La Nouvelle-Orléans (New Orleans en anglais) est la plus grande ville de l’État de Louisiane, aux États-Unis. Les limites de la paroisse d’Orléans, l’une des 64 paroisses subdivisant l’État de Louisiane, correspondent à celles de la ville de La Nouvelle-Orléans.

carte du Mississippi aux alentours de la Nouvelle-Orléans

carte du Mississippi aux alentours de la Nouvelle-Orléans

La ville fut fondée par les Français sous la direction de Jean-Baptiste Le Moyne, Sieur de Bienville, en 1718. Le nom de la ville fut choisi en l’honneur du régent, Philippe, duc d’Orléans. Au départ simple comptoir de la Compagnie du Mississippi, elle devint la capitale de Louisiane française en 1722 (La capitale fut transférée de Biloxi à La Nouvelle-Orléans).

la Nouvelle-Orléans sur les bords du Mississippi

la Nouvelle-Orléans sur les bords du Mississippi

Le site retenu est celui d’un méandre du Mississippi, d’où la forme en croissant de la ville : elle fut surnommée Crescent City, la ville en forme de croissant. Des fortifications devaient l’entourer dès le début, mais elles ne furent jamais réalisées. Ce n’est qu’en 1760 qu’une palissade en bois fut construite en urgence.

Les plans de La Nouvelle-Orléans furent dessinés par Adrien de Pauger et Le Blond de la Tour sur le modèle traditionnel des villes nouvelles, c’est-à-dire un damier symétrique, dont la taille maximale devait être de 88 hectares divisés en 66 ilots , avec une place où se trouvaient l’église (la future cathédrale Saint-Louis), la maison du gouverneur et des casernes. Sur les quais furent aménagés des magasins, un hôpital et le couvent des Ursulines. C’est notamment Adrien de Pauger qui dessina les plans du Vieux Carré avec ses rues à angle droit.

vue des quais de la Nouvelle-Orléans

vue des quais de la Nouvelle-Orléans

La construction s’avéra très difficile à cause des bois touffus qui occupaient le site et du climat : l’ouragan de 1722 causa d’énormes dommages. Le manque de main d’œuvre, les épidémies et les moustiques ralentirent également les travaux. Le creusement du chenal démarra en 1723. La digue dite levée le long du Mississippi fut achevée en 1724.

plan de la nouvelle orléans

plan de la nouvelle orléans

Le fait que la Louisiane fut dépourvue de structures sociales, politiques et religieuses rigides donnait à tous le sentiment d’une liberté accrue. Selon les registres paroissiaux de l’époque, la moitié des catholiques de La Nouvelle-Orléans ne faisaient pas leurs pâques et n’entraient que rarement dans l’église Saint-Louis. La fréquentation des Indiens aux mœurs plus libres, notamment en matière sexuelle, a dû contribuer à l’évolution des mentalités. En quelques années, arrivèrent de France plus de 1 300 femmes, dont 160 prostituées. Les cas de bigamie n’étaient pas rares et beaucoup de Français prenaient de jeunes Indiennes comme maîtresses. Bref, la ville de La Nouvelle-Orléans abritait une communauté cosmopolite, multiraciale et même, par certains aspects, interlopes.

embarquement des filles à la cassette

embarquement des filles à la cassette

En 1733, lorsque Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville redevint gouverneur de la Louisiane, La Nouvelle-Orléans avait déjà la réputation d’une ville libre et joyeuse, avec ses fêtes, ses bonnes tables et ses danses. Durant toute cette période, le français de France demeura la langue officielle de la colonie : c’était la seule langue des blancs, mais les noirs parlaient le créole (à base de français) et les Indiens, leurs langues ancestrales.

La Nouvelle-Orléans devint la capitale économique de la Louisiane : elle exportait des peaux venues de l’intérieur et des produits des plantations (indigo, tabac…).

En 1762, la colonie fut cédée à l’Empire espagnol par un accord secret : le traité de Fontainebleau, qui fut confirmé par le traité de Paris, mais aucun gouverneur espagnol (Antonio d’Ulloa) ne vint pour prendre le contrôle de la ville avant 1766. De même, peu d’hispanophones vinrent s’installer dans la capitale louisianaise. Certains des premiers colons français ne furent jamais satisfaits du régime espagnol, et firent de multiples pétitions pour retourner sous celui de la France. Le 28 octobre 1768, un groupe de colons créoles tenta de chasser les Espagnols de la ville, à la suite de l’établissement de l’exclusif. La reprise en main se fit par une troupe envoyée en juillet 1769 : les meneurs furent arrêtés et neuf d’entre eux furent condamnés à mort.

Un conseil municipal fut instauré pour satisfaire les revendications locales, le Cabildo.

St. Louis Cathedral

St. Louis Cathedral

Un incendie détruisit 856 immeubles le 21 mars 1788 et un autre 212 en décembre 1794. En conséquence, un règlement d’urbanisme imposa la brique en remplacement du bois pour les maisons à étage, et les tuiles pour les couvertures.

En 1795, l’Espagne autorisa les États-Unis à utiliser le port. La ville revint sous le contrôle français en 1800, mais en 1803 Napoléon Bonaparte vendit la Louisiane (qui comprenait un territoire beaucoup plus vaste) aux États-Unis pour 80 millions de francs. À cette époque, la ville comptait environ 8 000 habitants.

La population souffrit d’épidémies de fièvre jaune, malaria et variole, éradiquées après 1905.

Suppléments:

  1. Une population constituée de différents apports.
  2. Quelques bâtiments remarquables.
  3. La Nouvelle-Orléans : les profits et les vents.
  4. Commercer à La Nouvelle-Orléans
  5. Commerce légal et contrebande.

Iconographie:

2 réflexions sur “Nouvelle-Orléans

  1. Pingback: Éliette, Fille à la cassette, de Lorient à la Nouvelle-Orléans | franz von hierf

  2. Pingback: Delphine LaLaurie | franz von hierf

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